Théorie psycholinguistique de la taille du grain (Ziegler et Goswami, 2005)

En tenant compte de tout ce qui précède, Ziegler et Goswami (2005) proposent une théorie selon laquelle les stratégies d’apprentissage de la lecture devraient varier en fonction des caractéristiques de la langue. Ainsi, dans les langues très transparentes, avec une grande cohérence dans les correspondances graphème-phonème, des structures syllabiques simples et des répertoires de voyelles limités, la stratégie la plus appropriée serait le petit grain (c’est-à-dire le graphème). Cependant, dans les langues plus opaques, avec des correspondances graphème-phonème plus irrégulières, des structures syllabiques complexes et des répertoires de voyelles étendus, la stratégie la plus efficace serait le gros grain, c’est-à-dire prendre des segments plus grands et enseigner leur correspondance au niveau phonétique (par exemple, syllabes : “ture” : comme dans “creature”, “moisture”, “forniture”; rimes : “ould” comme dans “would”, “should”, “could” ; clusters : “aw” comme dans “awful”, “awesome”, “straw” ; mots comme “muscle” ou “honour”).

INSERT: psygrain
Figure 2: Schematic representation of different psycholinguistic grain sizes. Source: Ziegler and Goswami, 2005.

De cette façon, et sans exclure l’enseignement des correspondances graphème-phonème, les enfants de chaque langue devraient être entraînés à adopter les stratégies les plus appropriées en fonction des caractéristiques de leur système orthographique. L’enseignement systématique de ces régularités pourrait favoriser l’apprentissage rapide et efficace de la lecture et de l’écriture.

ISNERT: decoding
Figure 3: Example of grain sizes for learning to read according to language characteristics (Spanish, very transparent and English, very opaque). Source: Adapted from Duncan et al (2013).

INsert; fig4
Figure 4: Distribution on a continuum of some European languages, from the most opaque to the most transparent, and the grain size strategy adopted by their readers. Source: Lallier and Carreiras, 2017.

BONNES PRATIQUES :

  • Réfléchir en groupe sur le système orthographique de la langue dominante de la classe : est-il transparent ou opaque ? Pourquoi ? Donnez des exemples de mots qui ne se conforment pas aux règles de conversion graphème-phonème ou phonème-graphème.
  • Réfléchissez également à la structure syllabique du système orthographique de la langue dominante : en général, s’agit-il de syllabes complexes, c’est-à-dire composées de nombreuses lettres ? Quelle est la syllabe la plus longue à laquelle vous pouvez penser ?
  • Répétez ces mêmes activités avec le système orthographique (alphabétique) des autres langues parlées en classe.